Scheme
Nous descendîmes de la montagne souterraine en chantant. Nos sourires en forme de coupe pour mieux recueillir le vent. Nos regards séduits par l'éclat d'un rocher. Soyons fiers le long des flancs. Les arbres capturent le vent et repoussent l'érosion. Agrippons-nous et lestons nos poches de diamants non taillés. Riches de vous malgré tout en dépit de vos doutes. La calligraphie du soleil sur nos fronts nous rappelle d'où nous venons. En franchissant le seuil de nos peines vers un avenir meilleur, nous tombons sous la croûte qui se détache derrière nous, consumée en latence dès notre passage pour finir en étoile. J'ai rêvé d'une épée d'argile, d'une boule dans la paume qui s'étire en lame. Deux cheveux qui se mêlent entre eux. Et d'une vague recouvrant des bateaux vengeurs voulant atteindre et combattre le mal retranché sur une île.
Fode
Il franchit le passage vers l'intérieur vert sombre avant de remonter pour tout recouvrir. Il balaie d'un geste la coupe sur la table. Il entre dans un nouveau cycle en surprenant sa convive. Il verse des litres de cuivre fondu sur sa peau pour souder son armure. Il devient l'attente. Il ressent le souffle du matin. Il reste stentor à vive allure. Il prépare son siège au pic d'un bec. Il accroche une prise à l'ombre d'une coupole dans l'arène. Il est clairvoyant, le regard étonné. Il tente un truc et que le flair fasse son travail. Silex noirci par le feu. Il abreuve sa tête collée sur le sol. Il avance et le rythme tabasse. Il longe la crique et se rattrape en un creux. Il pavoise fort en contrôle, dernier supplice avant la remontada malgré lui. Il pisse plus haut et plus fort. Il mérite le cri de ce qui le prie. Il respire, détendu, et les vagues surgissent et s'amoncellent.
Scheme
Au risque de paraître alourdi par la phase, délavé par l'essai, give it a try ! Dans un mélange emporté par l'espoir d'une autre définition qui soit celle qui nous remplisse. La couleur n'est pas la même. La forme n'est pas la même. L'odeur n'est pas la même. Le métal n'est pas le même. Tout y ressemble et nous y croyons autant qu'à une photo floue derrière un verre soufflé. L'envers du décor se stabilise à l'échelle, déclinant ces sortes de possibles qui sont les mêmes à l'endroit : ces jouets en bois où du sable de couleur se déverse dans l'autre sens, redessinant un paysage.
Fode
Par la rampe détendue, la descente tout le long, frissonnant, le cartel défendu, l'aubépine à l'oreille dans un creux balayé, l'intérieur d'un coup de vent, des bribes ondulées détenant l'air qu'on dit dans le temps moins souvent qu'il faudrait pour élire un tyran au printemps, le jalon passe un cran au-dessus des marées.
Scheme
Tu fixes un mot et tournes autour de lui en spirale en ne l'ayant nommé qu'une seule fois. Un vent dans la nuit. Un choc dans le bruit. Un marteau qui pilonne. Un nunchaku avec un côté tranchant. Une ouverture vers le silence. Rien qui s'abandonne, tous qui se prennent. Dans un revers, je brandis ma pancarte au-dessus de lui avec une flèche tordue mal dessinée.
Fode
Nous envoyons la sibylle divinité jouer la trille au galop sur la note. Elle perfore la croûte, déplace l'air, déstabilise la rangée d'hortensias. Il n'y aura de la place que pour ceux qui font ce qu'on leur a dit de ne pas faire pour nous rejoindre. La vésicule bombée de nacre éclate sur les plaines, arrachant les fleurs de lys plantées dans sa chair. S'il fallait déterminer le reste de ce qui fut pour réarmer nos peines, nous prendrions ce qui est et pas ce qui fut. Hurlant pour y arriver des insanités en pensant que cela va réveiller l'immondice d'un sommeil prolongé dans les ténèbres reculées de l'oubli. S'il le faut, nous reviendrons pour ramasser les champignons de Posidonius avec une pelle de secours et un râteau à 2 branches en criant « Viva la puta de madre con lo hijo de padre maldito ».
Scheme
Sors en plein jour du printemps. Rassemble tes pouvoirs dans l'instant. Fais-toi plaisir en même temps. N'arrête plus de faire en sorte que tout se retrouve au pourtour. Racle ta gorge assoiffée. Mesure les écarts en toi. Prononce l'envie. Prolonge l'extase. Raye le sol de tes signes à la craie. La balise reçoit des appels. Ceux qui ne croient plus à la possibilité d'une rengaine mesurent l'octroi en revenant en arrière. Il fait froid parce qu'en fait, il fait chaud devant !
Fode
Atteindre le nerf et le manipuler pour qu'il réagisse aux nouveaux stimulus, pour qu'il frappe la tendance d'un coup de sabot effilé, qu'il reçoive la giclée de sang du follicule déchiré. À ressasser sans cesse l'ivresse, elle ne cesse d'assassiner sans souci ses fesses à coups de saucisson. Mais que reste-t-il de ce qui fut quand nous ne voulions pas la quitter ? La plénitude dans le clignotement des âmes nous traverse. Le Soleil brûlant les pieds sur le carrelage. La moite désinvolture des corps asservis par un discours. La ribambelle des découpages superposés délicatement dans le temps. La rayure sonore de l'ongle sur la tôle.
Scheme
Franchir le mur du son sans complexe, avec passion, et découvrir son silence dans l'interstice. Fédération des abeilles cool porteuses combattant notre ennemi commun. Sexe penché sur l'abîme. Exutoire : passer au tamis des querelles sans but et sans espoir. Perte de sucre. Trace de nitrite sur le jambon blanc. Encapsulation des restes d'un repas vomi pour manger demain. Conservation des conversations secrètes entre une rose fuchsia et un camélia en chocolat placé dans une ogive en papier mâché à l'intérieur d'un coffrage en béton prêt à décoller.
Fode
L'habitude d'être manipulé par l'enthousiasme fécond d'un regard au coin du feu touchant par son élan. Nous remarquons qu'il n'en faut pas plus pour détourner l'attention sur ce qui doit être fait de prime abord, c'est-à-dire renverser de l'eau bouillante sur la queue du chat pour le voir bondir dans les thuyas, continuer à le suivre en courant derrière lui dans la cour de la ferme en flammes, tordu de rire. Continuer à le poursuivre dans la forêt pendant des années sans jamais s'arrêter. Et puis s'arrêter enfin, le laisser s'échapper et contempler la surface des choses. Percevoir ce qui n'est pas encore là et voir fleurir ses racines sous nos ailes. L'intempestif renouvelé de-ci de-là en complaisance à bon entendeur. Une fragrance intime rafraîchit la peau et la laisse sécher à l'ombre d'un cachalot volant en position stationnaire. Il faut choisir entre se déshabiller et rester nu avec les os étalés à plat sur une feuille d'acacia en débordant, tombant presque de sa surface, ou mélanger des fruits secs, de la bouse de vache, des fèves bouillies au lait, du whisky-coca et avaler tout cela en le faisant couler doucement sur un circuit électrique. Je ne sais pas. Mon cœur balance. Stop !
Scheme
Oui ! Revenons à ce qui s'est passé après votre descente à -1.
Fode
Ce qui fera un excellent pendant à ce qui vient d'être dit.
Scheme
En traînant dans SubGoldschmidt, nous recrutons un guerrier dans un tournoi de combat clandestin, après l'avoir vu se battre contre plusieurs adversaires. Il n'a qu'un prénom, Osupa, d'origine nigériane. Ce n'était pas seulement un physique impressionnant, il avait aussi des techniques de plusieurs disciplines mélangées. Il nous a suivis parce qu'il voulait sortir du milieu qu'il fréquentait, l'emmenant progressivement à sa perte. Il n'était pas uniquement un excellent guerrier aux techniques hybrides. C'était aussi un gars intelligent et mesuré. Il a tout de suite saisi notre opportunité alors que nous n'y croyions pas trop. L'occasion de montrer ses capacités ne tarda pas. Absalon et ses hommes nous ont rapidement retrouvés. Nous sommes pris dans l'arrière-cour d'une salle de jeux pour un combat supplémentaire dont nous étions la cible. Osupa a tout de suite compris. Il nous met de côté et s'avance vers les 4 monstres en se décontractant les épaules.
Fode
Il s'est battu pour vous alors qu'il vous connaissait à peine ! Vous étiez connus, m'enfin, quand même, ce n'est pas une raison. Combien vous l'avez-vous payé ?
Scheme
Rien. Ça nous a étonnés nous-mêmes. On lui a parlé et ça l'a tout de suite emballé. Mais le type n'était pas net. Il y avait d'autres raisons que nous n'avions pas identifiées immédiatement. On a compris que le gars voulait se barrer de son milieu mais on ne savait pas trop pourquoi il ne pouvait pas le faire.
Fode
Reprenons le récit du combat.
Scheme
Il commence par tourner autour de son axe à pas chassés en lançant quelques kicks fantômes en l'air. Sa vitesse d'exécution est délirante. Il aurait pu craquer une allumette scotchée en haut d'un lampadaire avec l'ongle de son gros orteil. Il termine son échauffement par 3 flips arrière sans élan. De leur côté, les gars font tomber leurs vestes l'un après l'autre, nonchalamment, et les déposent soigneusement pliées sur l'avant-bras d'Absalon. Leur warm-up est plus concis. Ils craquent les articulations de leurs mains plusieurs fois avant de les frapper dans leurs paumes au niveau de la poitrine. Ils sautillent légèrement. Tout le monde se met en place. Un carré se forme avec Osupa au milieu. Il se laisse encercler tranquillement en lançant des regards en biais. Il tourne brusquement la tête pour avoir une vision derrière son épaule. Ses yeux se plissent, sa gorge se noue, son cœur tente de se synchroniser avec celui de ses opposants en cherchant un battement commun pour mieux se positionner sur le contre-temps. Il y a des petits cris, des grognements, des raclements de gorge. Dire que l'on s'observe est un euphémisme. On cherche à entendre le moindre mouvement : la racine du cheveu qui pousse, la pliure du talon, le froissement de la ceinture sur le tissu. Le combat n'est pas engagé mais on fait en sorte qu'il le soit déjà dans sa tête. Nous assistons à cette phase, fascinés.
Le premier mouvement part d'en bas, exécuté par l'un des gars d'Absalon. Il se met en opposition pour marquer son engagement et il décroche un kick au genou simultanément avec un crochet du droit. Le 2 en 1. La technique est habile. Osupa est surpris. Il bloque le crochet mais se prend le coup de pied.
Fode
C'est une béquille.
Scheme
Exact. Et ça fait super mal. Ça le fait reculer d'un pas. Il contre-attaque par un élan puis un saut genou devant. Celui-là même qui a été touché, pour montrer qu'il n'est pas blessé. L'attaque est fulgurante. Prise par la vitesse et la surprise, la riposte tarde à se mettre en place. Il se mange le genou d'Osupa en pleine face. Déséquilibré, il tombe sur le dos. Osupa retombe sur lui. Le gars se masque le visage. C'est une pluie de poings sur ses côtes flottantes qui se brisent l'une après l'autre. Le gars ne se relèvera pas. Osupa est désormais accroupi, un genou sur sa gorge. Il se retire d'un bond pour reprendre sa garde face aux 3 autres. Il choisit la position du léopard hardi : une alternance entre ses mains en tranche et en bec pour ne pas dévoiler la technique du coup suivant. Il se met très en dessous de son centre de gravité, en gardant le cou bien droit. Place est faite et cette fois-ci ils s'y mettent à 2 pour s'occuper de lui.
Fode
Il semblerait qu'il y ait une progression entre eux.
Scheme
Oui, chacun s'essaie, dans un ordre croissant de difficulté. Ils sont 2 contre 1. Cela ne semble pas effrayer Osupa. En tout cas, il ne le montre pas. Les mecs sont tout de même des mastards montés comme des buffles. L'ombre de leurs envergures nous recouvre. Osupa se redresse. Il change de position. Bras et jambes sont très écartés. Il paraissait s'être décomposé en 2 parties équilatérales. Comme si chaque partie de lui-même allait se battre séparément l'une de l'autre et respectivement contre chaque adversaire. La première attaque arrive. Elle est simultanée. Il faut contrer d'abord pour reprendre l'initiative ensuite. Nous assistons à un ballet décomposé de tension/détente sur 2 plans à l'unisson. Nous avions l'impression de regarder un hiéroglyphe égyptien. Je crois même que dans le fatras de coups et de contre-coups, Osupa a tourné son visage vers nous pour nous lâcher un clin d'œil. La géométrie des mouvements se succède, imperceptible. Ils atteignent leur comble lorsque, jouant sur l'impesanteur lunaire, les corps se sont mis à se soulever et à vibrer jusqu'à atteindre plusieurs mètres au-dessus du sol. Leurs gestes étaient si rapides qu'ils ont fini par faire comme des battements d'ailes qui les ont littéralement fait s'envoler. Voyant que le jeu s'éternisait et qu'aucun coup ne parvenait à les atteindre, les 2 gars sont passés à l'arme blanche. Ils ont sorti chacun l'un une dague, l'autre un kandjar. Cela a mis un stop à leur séquence aérienne et ils sont retombés pour se remettre en position d'observation. C'est en sortant des couteaux qu'ils ont fait une erreur. La danse a repris son tournoiement autour d'Osupa comme le siphon d'une rivière vers l'enfer. Les bras levés ont fait briller les lames sous la lumière avant de s'abattre. Osupa s'est d'abord accroupi pour éviter la première. Il s'est saisi du bras et s'est enroulé dessous, formant un rempart contre la deuxième lame qui est venue lacérer l'avant-bras de son compagnon. Sous le poids de leur corps, la trajectoire des pointes s'est inversée et dans leur course sont venues rencontrer le torse de l'un et la gorge de l'autre. Situé entre les 2 et sous leurs gardes, Osupa s'est redressé d'un coup et ses 2 poings sont venus choquer les 2 mâchoires qui ont fait basculer les corps vers l'arrière pour retomber inanimés de chaque côté. Dans le recul, ils ont lâché le manche de leurs armes. Osupa a rattrapé la dague au vol et arraché le kandjar déjà planté dans l'abdomen de l'autre pour les frapper respectivement tous les 2 en plein cœur. Par 2 entrechats, il se dégage et contemple son œuvre. Il se remet en garde. Nous jubilons et nous l'encourageons. Il reste un dernier adversaire. Il est plus robuste, plus grand, plus opiniâtre que ses collègues. La Masse est le petit nom qu'il se donne. Il crache derrière lui et s'approche du cercle. Il ne quitte pas Osupa du regard. Celui-ci est un peu essoufflé. Il réagit comme un taureau avec ses banderilles. L'une des lames l'a tout de même balafré à la cuisse et du sang s'égoutte à travers son legging déchiré. Il n'est plus tout à fait frais mais il fait face avec rage. Nous sommes inquiets. Autant pour lui que pour nous. Il esquive un premier kick frontal. Il change sa garde et tente une série de crochets. Son opposant est massif mais il est très véloce. Il reste tranquille. La Masse tourne autour de chaque coup et le remplace dans le contre-temps par des coups de poing et de pied touchant leur cible. Du sang gicle à chaque coup. Osupa boite. La Masse parvient à se saisir de lui par les épaules et il enchaîne par une prise de judo. Puis il donnera ippon seoi nage. Le fils de pute. Il ne termine pas complètement son mouvement jusqu'au sol. Il projette Osupa à travers la cour qui va s'écraser sur le mur d'en face. Il reste au sol sans réaction. C'est à ce moment-là que nous avons compris que la partie était perdue pour nous et qu'il fallait quitter cette arrière-cour au plus vite.
Fode
Incroyable, ce bouleversement !
Scheme
Ce n'est pas tout. Nous le verrons par la suite. Osupa s'est rallié à Absalon, qui, du coup, doit remplacer ses effectifs.
Fode
Autant que cela le soit par celui qui les a tronqués.
Scheme
Et c'est ainsi qu'Osupa et La Masse deviendront les meilleurs amis du monde. Nous y reviendrons lorsque nous les retrouverons durant notre passage à -2. Ils forment avec Absalon un trio d'enfer.
Fode
Les plus belles amitiés se construisent dans l'adversité.
Scheme
Pas forcément. Dans ce cas, oui. Nous en profitons pour nous glisser hors de la ruelle en cul-de-sac et prendre la fuite en courant. Il faut déguerpir de Subgoldschmidt le plus rapidement possible et descendre à -2.

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